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Compte-Rendu MOSCOU juin 2009
| Date: | du 01/06/2009 au 01/06/2009 (Croisière). |
Compte rendu
CROISIERE MOSCOU SAINT PETERSBOURG juin 2009
A l’initiative de Jean Marcus, nous sommes allés avec 90 ingénieurs de l’ENSEEIHT, leurs épouses et quelques uns de leurs amis faire une croisière de Moscou à Saint Pétersbourg en juin 2009.
Partis en trois groupes de Paris ou de la province, nous nous sommes retrouvés le 11 juin à bord du Fedor Dostoïevsky amarré sur les quais de Moscou. Joie des retrouvailles pour les uns … découverte pour les autres.
Le premier jour, 12 juin, première visite de Moscou : la plus grande capitale d’Europe avec 9 millions d’habitants, sur 1000 km2, aux larges avenues bordées d’arbres et nombreux espaces verts parsemés de statues d’hommes célèbres, ceinturée par 3 grands boulevards périphériques encombrés de voitures, aux 8 grands buildings des années 1950 voulant symboliser la grandeur du stalinisme, mais surtout la ville du Kremlin et de la place Rouge, comptant 700 églises couronnées de centaines de bulbes dorés ou colorés.
Moscou, fondée en 1147, fut toujours considérée par les Russes comme la ville mère. C’est là que les tsars et empereurs se faisaient sacrer dans la Cathédrale de la Dormition, la plus importante du pays à l’intérieur du Kremlin. C’est à Moscou que Pierre le Grand et Catherine II venaient fêter leurs victoires. Moscou redevint capitale avec l’arrivée des Bolchéviques en 1917.
Nous commençons notre visite par le plus bel édifice d’architecture religieuse, un peu à l’extérieur de Moscou, Kolomenskoïe. Parcourant une grande allée de tilleuls, nous passons devant l’église de Notre-Dame de Kazan bien connue pour sa célèbre icône, aux bulbes bleus et étoiles d’or. Puis nous visitons l’église de l’Ascension qui servait de chapelle personnelle à la famille du tsar. Elle fut érigée pour commémorer un événement marquant : la naissance d’Ivan IV le Terrible en 1530, l’héritier du trône. Nous parcourons le musée, dont les pièces servaient de palais d’été (aux 27 tours et 2000 pièces !).
Après un déjeuner au mess des officiers, nous partons visiter la Cathédrale Saint Sauveur, érigée en plein centre de Moscou en mémoire de la victoire des Russes sur Napoléon. Construite en 1889, ses dimensions sont énormes. Détruite en 1931 sur ordre de Staline (qui voulait construire une piscine à cet emplacement !) elle fut entièrement reconstruite à l’identique et rendue au culte en 2000.
Nous terminons l’après midi par la visite du Musée des Beaux Arts Pouchkine, fondé en 1912. Il est le 2ème musée après l’Ermitage par son importance et la richesse de ses collections : 6000 objets, de nombreuses toiles de peintres français, espagnols, hollandais et italiens et une collection très importante de peintres impressionnistes et postimpressionnistes.
La journée du lendemain (le 13) débute par la montée au Mont des oiseaux d’où on a vue très large sur Moscou et un premier aperçu de ces buildings staliniens avec cette université aux 30000 étudiants et 50 spécialités surmontée de l’étoile rouge. La Russie compte 150 millions d’habitants dont 25 millions d’étrangers, s’étend sur 17 millions de km² et compte 11 fuseaux horaires.
Nous faisons un rapide tour de la ville en commençant par la place Rouge. Elle fut de tous temps étroitement liée à l’ensemble du Kremlin. C’est ici que se trouvait le marché principal de Moscou - en russe, « rouge » et « beau » sont synonymes. C’est donc la plus belle place et la plus grande de la ville. Elle fut le témoin de tous les événements importants de l’histoire de la Russie. Elle est bordée à l’est par l’enceinte du Kremlin (au pied de laquelle se trouve le mausolée de Lénine) et à l’ouest par les magasins du Goum ; finies les queues interminables pour trouver les étalages vides !!! C’est aujourd’hui une galerie marchande aux multiples boutiques élégantes aux marques étrangères renommées. On ne peut s’empêcher de se souvenir des impressionnants défilés militaires du temps des Soviets montrant la superpuissance de cet empire communiste. Nos guides - qui parlent remarquablement le français - se démarquent volontiers de cette époque !!! Un petit tour dans les jardins Alexandre bordant les murailles et nous passons devant le monument au soldat inconnu où, justement, se fait la relève de la garde : trois soldats marchant en levant très haut la jambe et à l’air martial croisent ceux qui les remplacent.
Puis nous partons pour le Musée Novodiévitchi. Fondé en 1524 par Vassili III pour commémorer la victoire de Smolensk sur les Polonais, ce fut aussi un couvent pour nonnes. Ici furent enfermées la sœur et la première femme de Pierre le Grand !!! Aujourd’hui quatre nonnes et quarante veuves y vivent. Entouré de hautes murailles blanches et de tours, il est composé de quatre sanctuaires disposés autour de la superbe Notre Dame de Smolensk avec ses cinq coupoles. A l’intérieur, une magnifique iconostase du XVIème siècle. On est ébloui par la munificence des ces décorations qui couvrent tout l’intérieur de cette église : la voûte représente l’église céleste tandis que les murs représentent l’église terrestre (nous retrouverons ces même décorations dans d’autres cathédrales tout au long de notre voyage). Une merveilleuse icône : la Vierge de Smolensk représentant la Vierge tenant l’Enfant Jésus sur le bras droit. C’est dans cette église que Boris Godounov fut sacré tsar. En sortant, nous apercevons le clocher multicolore (72 m de haut) le plus beau de Moscou … après celui du Kremlin !
L’après midi, nous passons devant la cathédrale Saint Basile le Bienheureux et ses multiples clochers colorés aux multiples formes (elle fait un peu penser aux toits de Gaudi à Barcelone), érigée en 1555.
Puis nous partons pour la Galerie Tretiakov : impossible de visiter Moscou sans y aller. Fondée par l’industriel Pavel Tretiakov grand amateur d’art et mécène reconnu, elle abrite de véritables chefs d’œuvre retraçant l’histoire de la ville de Moscou. Elle renferme près de cent mille œuvres reparties en cinq départements et beaucoup d’icônes - en particulier l’icône de Roublev de la Trinité. Auparavant, nous avons vu sur un pont l’arbre à cadenas : c’est là que les jeunes mariés viennent pendre un cadenas dont ils jettent la clé dans la Moskowa, ceci comme porte-bonheur et signe de leur fidélité.
Nous terminons la journée par la visite du métro de Moscou : murs et voûtes décorés de mosaïques à la gloire du régime, statues louant les travailleurs méritants, lumières tamisées et marbres de plusieurs couleurs. Nous le prenons sur trois stations : à l’intérieur, banquettes en molesquine se faisant face à face … mais terriblement bruyant !!!
Le dimanche 14, nous visitons le Kremlin … sous la pluie ! Il couvre 28 hectares et est entouré de 2,3 km de murailles rouges. C’est une ville fortifiée dans la ville. Nous rentrons par la Tour Koutoufia du XVIème siècle. A droite, le palais, reconstruit par Krouchtchev pour les fêtes du régime. A gauche, le Sénat construit par Catherine II, où se trouve le bureau du Président. Nous arrivons sur la place des cathédrales.
La plus importante : la cathédrale de la Dormition qui date de 1475. A l’intérieur, des fresques sur tous les murs, voûtes et sur les piliers rappellent Novodiévitchi. Sur l’iconostase l’icône de la Vierge de Vladimir entourée de scènes évangéliques. C’est ici que se passaient les grandes cérémonies : introduction des métropolites et des patriarches, couronnement des tsars … (Il y a ici le trône d’Ivan III.) Tout autour, à l’extérieur, la cathédrale de l’Annonciation, aux neuf coupoles dorées, cathédrale personnelle des tsars et des grands princes. C’est là que se déroulaient les mariages et les baptêmes des enfants royaux. Là aussi, de très belles icônes de Roublev et des fresques murales entourent une magnifique iconostase.
On peut aussi admirer l’église de la Déposition de la robe de la Vierge, la cathédrale de l’archange Saint Michel patron des princes de Moscou qui ont leurs tombeaux ici, la Cathédrale supérieure du Sauveur aux douze coupoles dorées symbolisant les douze apôtres, le palais des patriarches et le grand palais impérial qui surplombe la Moskowa, résidence officielle du Président de Russie. En sortant nous admirons le palais à facettes tout en pointes de diamant.
En contournant les murailles, nous voyons une immense cloche « la reine des cloches », la plus grosse du monde (200 tonnes) qui, étant cassée, n’a jamais sonné ! ainsi qu’un immense canon très ouvragé mais qui n’a jamais tiré un seul boulet !!! Notre visite de Moscou se termine et nous retournons au bateau pour appareiller pour Ouglitch.
Notre croisière commence sur le canal de Moscou. Il faudra 10 heures environ pour rejoindre la Volga (le plus long fleuve d’Europe : 3700 kms). Ce canal fut construit sous Staline - qui reprenait un projet de Pierre le Grand - afin de relier la capitale à la Baltique et aux autres mers du Sud. Il nécessita des travaux pharaoniques (nous passerons 17 écluses), coûta la vie à des milliers d’ouvriers (des prisonniers en majorité) et d’importants déplacements de population car 700 villages furent engloutis.
Arrivés au Réservoir de Rybinsk et après avoir aperçu la statue de la mère Volga célébrant les bienfaits du communisme, nous bifurquons pour aller vers Ouglitch. Sur les flots - très calmes !!! - nous apercevons le clocher de Kaliazine qui émerge des profondeurs, témoin de la ville engloutie.
Ouglitch, un des joyaux de l’Anneau d’Or, est une petite ville de 40000 habitants. A la descente du bateau, nous sommes accueillis par une jeune fille en costume qui nous offre du pain et du sel, symboles de l’hospitalité russe.
Nous visitons l’église Saint Dimitri-sur-le-Sang, qui rappelle l’assassinat du tsarévitch Dimitri sur ordre de Boris Godounov. A l’extérieur, ses murs sont rouge et blanc, rappelant ce crime, et ses coupoles bleues étoilées. A l’intérieur, une fresque rappelant l’assassinat, et la cloche - mise sous verre - punie, fouettée et exilée !!! en Sibérie pour avoir annoncé la mort de Dimitri. Nous voyons ensuite la cathédrale de la Transfiguration, aujourd’hui rendue au culte, mais qui fut sous Staline un musée contenant le tracteur de la première femme conductrice de ces engins agricoles !
Nous réappareillons pour Kostroma, ville provinciale typique, renommée pour ses industries de lin. Nous traversons un parc avec la statue monumentale du camarade Lénine montrant du doigt l’avenir radieux du communisme pour arriver ensuite à la place centrale, sorte de place de l’Etoile où convergent sept avenues plantées d’arbres. Nous continuons par la visite de l’éco-musée en plein air : isbas du XVIème, XVIIème XVIIIème siècle, plus ou moins grandes, reconstruites avec leurs grande pièce intérieure faisant office de chambre avec un grand poêle, salle à manger, cuisine (avec aussi un buffet ouvert pour garder les poules au chaud !), ses dépendances et sa partie d’été. Nous terminons par la visite du monastère Ipatiev, un des plus anciens de la Russie du Nord : à l’entrée, des galeries aux fresques de couleurs vives devant servir à l’édification des pèlerins et les préparer au jugement dernier. A l’intérieur, toujours la décoration classique, avec des fresques sur les voûtes, les murs et les deux piliers rappelant l’Ancien et le Nouveau Testament et l’iconostase en face de l’entrée. Notre guide est une jeune femme très convaincue cherchant à faire partager ses valeurs humaines et chrétiennes.
Mercredi 17, nous arrivons à Iaroslav, ville de 600000 habitants, une des plus anciennes de Russie, fondée par Iaroslav le Sage en 1010. Plusieurs fois bombardée pendant la 2ème guerre mondiale, car à 50 kms du front, elle subit aussi la destruction de très nombreuses églises sous Staline. Sur 100, il n’en reste que 20 aujourd’hui, dont une cathédrale en construction.
Nous visitons la cathédrale de la Transfiguration du Sauveur aux bulbes verts, construite vers 1506, entourée de galeries ouvertes. (A l’extérieur, nous écoutons un carillonneur), puis l’église saint Elie du XVIIème siècle, fleuron architectural de la ville. Ayant servi de musée anti-religieux pendant la période stalinienne, ses fresques remarquables de 1680 sont bien conservées (ici le bâtiment n’était pas chauffé !). Elles ornent les murs, voûtes, piliers, et entourent une iconostase à l’apparence délicate de dentelle. Nous faisons une petite balade pour voir le confluent de la Volga et de la Kotorols et revenons au bateau, en apercevant au loin l’église de l’Epiphanie toute rouge. Iaroslav est bien connue des Russes, car elle est représentée sur les billets de 1000 roubles !
Jeudi 18, après avoir traversé le Réservoir de Rybinsk, crée en 1941, véritable mer intérieure qui engloutit de nombreux villes et villages, nous arrivons à Goritzy, d’où nous partons en car pour le magnifique monastère saint Cyril, du XIVème siècle, le plus grand d’Europe, au bord d’un lac, entouré d’une enceinte de 2,7 km et de treize tours. Ivan III y vint avec sa femme afin de prier Dieu de leur accorder un héritier : ce fut Ivan le Terrible ! Ici dans le monastère de l’Assomption, vivaient 200 moines et plus de 1000 postulants. A l’intérieur, maintenant transformé en musée, on s’émerveille devant sa collection d’icônes, (en particulier 5 immenses icônes de la « deissous » de Dionissi) ainsi que de la richesse des cadeaux faits par les tsars successifs.
Nous poursuivons notre navigation sur la Cheksna et rentrons dans le lac Blanc, véritable trait d’union pour les relations commerciales entre le Nord et le Sud de la Russie. A l’entrée, les ruines de la belle église inondée de Krokhino, construite au XVème siècle émergent de l’eau - pour combien de temps encore ?
Nous passons plusieurs écluses avant d’entrer dans le lac Onéga que nous traversons pour aller le plus au nord de notre croisière à Kiji, voir ce fameux monastère aux innombrables clochers tout en écailles de bois. Le monument le plus spectaculaire est l’église de l’intercession que nous verrons seulement de l’extérieur car elle est en réparation.
A côté, la petite église saint Lazare transformée en musée, et plus loin, l’église saint Michel où nous entendons un carillonneur. Plusieurs isbas tout en rondins de bois sont ici reconstruites.
Nous reprenons notre croisière sur le Svir et traversons le lac Ladoga, le plus grand d’Europe (19000 km²). C’est sur ses eaux glacées que le ravitaillement transitait pendant le siège de Léningrad.
Nous rentrons ensuite dans la Néva et arrivons finalement à Saint Pétersbourg à 8h du matin le dimanche 21.
Que de choses à voir dans cette ville magnifique, appelée « la Venise du Nord » : les palais, les places, les statues, les larges perspectives, tous soigneusement restaurés, semblent sortit tout droit des mains de leurs constructeurs !!! Construite par Pierre le Grand sur des marais, pour en faire sa nouvelle capitale en 1712, elle est l’orgueil et la gloire de l’empire de Russie. Dans ce but, Pierre le Grand fit venir les meilleurs constructeurs de palais et parmi eux, l’architecte italien Rastrelli, mais aussi des artistes peintres et sculpteurs étrangers de renom. Les constructions devaient être en pierre avec des façades colorées pour compenser le manque de lumière à cette latitude. En effet, d’octobre à avril, le jour se lève à 10h le matin et s’en va vers 3 h de l’après midi !
Nous commençons notre visite de cette belle ville par le musée de l’Ermitage. En chemin, notre guide - professeur de français à l’université - nous donne quelques informations sur Saint Pétersbourg, capitale culturelle de la Russie, comptant 4,5 millions d’habitants mais dont la population diminue chaque année en raison du surplus de décès par rapport aux naissances. Aujourd’hui, encore, 18% de la population vit dans des appartements communautaires dans le centre de la ville. Les autres habitent dans de vastes ensembles à la périphérie. Appelée Saint Pétersbourg en 1703, puis Petrograd en 1914, puis Léningrad en 1924, et de nouveau Saint Pétersbourg en 1991, elle est construite sur des marais séparés par des canaux, traversés par 300 ponts dont 20 ponts mobiles. La période de navigation va de mai à octobre. Le climat est rude : seulement 60 jours sans pluie par an, mais les touristes que nous sommes apprécient vivement les nuits blanches de cette fin de mois de juin. Là, il fait jour toute la nuit, le soleil n’arrive pas à l’horizon et remonte dès les premières heures après minuit.
L’Ermitage - un des plus riches musée du monde avec près de 3 millions d’œuvres - est composé de cinq édifices dont le Palais d’hiver constitue le principal musée. Il fut construit dans le style baroque par Rastrelli pour la tsarine Elisabeth Ière, fille de Pierre le Grand. Ravagé par un incendie en 1837, il fut reconstruit à l’identique : le magnifique escalier d’honneur en marbre blanc à double révolution, le salon vert aux colonnades en malachite et chapiteaux dorés, le salon du trône avec ses magnifiques parquets marquetés, le salon des maréchaux, mais surtout ses impressionnantes collections de peinture italienne, hollandaise, flamande et ses très nombreuses toiles des peintres impressionnistes français … une gageure de vouloir le visiter en trois heures !!!
Sa façade sur la Neva est verte et blanche flanquée de pilastres, frontons brisés ; celle donnant sur la place du Palais est ocre. Sur cette place est située la colonne monolithique de granit (600 tonnes) imaginée par Montferrand, architecte français, pour la statue d’Alexandre en commémoration de sa victoire sur Napoléon. Tout donne envie de revenir et de revoir cet ensemble avec plus de temps.
L’après midi, nous allons en car voir Tsarskoïe Selo dans le village Pouchkine (car Pouchkine y a fait ses études). Lié aux noms de Elizabeth Petrovna et Catherine la Grande, ce palais, construit par Rastrelli, aux façades bleues et blanches est d’une extrême richesse et d’une grande élégance. L’escalier de marbre surprend par sa grandeur monumentale, la grande salle du trône (850 m²) remplit le visiteur d’une sensation de grandeur et de solennité : miroirs, décorations dorées, plafond en trompe l’œil d’une rare élégance, salles à manger, salle aux pilastres rouges et surtout le salon d’ambre - cadeau du roi de Prusse à Pierre le Grand en 1717 - magnifiquement reconstitué. En voyant les photos de l’époque vers 1945 montrant dans quel état pitoyable l’avait laissé les Nazis en le brûlant avant leur départ, on ne peut qu’être admiratif devant ces magnifiques travaux de restauration. A l’extérieur, le vaste parc est parsemé de statues grecques et d’édifices classiques russes.
Le lendemain, lundi 22, nous faisons en car une visite panoramique de la ville et de ses magnifiques palais aux façades colorées et traversons la Néva pour accéder à la Forteresse Pierre et Paul, dont l’édifice le plus important est la cathédrale qui sert de sépultures aux Romanov. A l’intérieur, à gauche, une chapelle spéciale pour les cendres de Nicolas II et toute sa famille qui viennent d’être réhabilités … et même sanctifiés par l’église orthodoxe. Cette forteresse n’a pas joué un rôle défensif … mais a servi de prison à plusieurs personnages célèbres dont Alexis le fils aîné de Pierre le Grand !, Dostoïevski (un décembriste qui avait comploté contre le tsar) et même Léon Trotski !
En revenant vers le centre ville, nous voyons le croiseur Aurore, amarré sur les quais de la Moskowa. C’est de là que sont partis les premiers coups de canon initiant la révolution et la fin du régime tsariste.
L’après midi, nous visitons le Musée Russe dans le Palais Mikhaïlovski (frère du tsar Alexandre Ier), qui possède une très belle collection de peintres russes « ambulants » : Répine, Sérov, Rustodiev et aussi des peintres du XXème siècle en particulier des toiles de Chagall, Kandinsky, Malevitch …
Nous terminons l’après midi par une promenade sur la perspective Nevski, pleine de monde et extrêmement bruyante. Nous rentrons dans la cathédrale Notre Dame de Kazan, dont la colonnade donne une grande solennité. A l’intérieur, le tombeau de Koutozov, le vainqueur de Napoléon, entouré de drapeaux pris aux français. L’icône de Notre Dame de Kazan - très connue - comme étant la protectrice des Romanov accompagna Koutouzov dans ses campagnes militaires. Le soir, certains vont au Théâtre Marinsky voir les ballets du Kirov pendant que d’autres vont voir le Lac des Cygnes au Palace.
Mardi 23, nous partons pour la visite du Palais de Petrodvoretz (Peterhof) qui se veut « le Versailles du Nord », résidence préférée de Pierre le Grand. Entouré d’un parc aux multiples statues de la mythologie grecque, doté de 3 grandes cascades et 147 fontaines dont les rayons s’irisent au soleil, et d’un canal allant jusqu’à la mer Baltique, il étale sa magnificence dès l’abord avec sa façade jaune et blanche, grâce aux talents de l’architecte Rastrelli. A l’intérieur, salons, salles manger, salle du trône, cabinet de travail de Pierre Ier tout est extrêmement élégant … et doré, presque trop !!!, tout ceci magnifiquement restauré après le départ des Nazis qui - comme pour Tsarkoe Selo - l’avaient brûlé lors du siège de Leningrad.
L’après midi, ultime visite de notre croisière, celle du Palais Pavlosk offert par Catherine II à son fils Paul et à son épouse en 1777, à l’occasion de la naissance de leur fils (futur Alexandre Ier). Construit par l’architecte Cameron, puis reconstruit en 1803 après un incendie, il reflète les goûts raffinés de l’impératrice Maria Fiodorovna qui vécut là pendant 30 ans avec ses dix enfants : de forme elliptique entourant en son centre la statue de Paul Ier, sa façade principale, de couleur jaune pâle et blanc, est coiffée d’une rotonde à colonnes. Il fut très endommagé par les Nazis, mais heureusement 80% des ses objets furent évacués à temps. Il a retrouvé le charme de ses anciens appartements.
Nous rentrons rapidement car nous terminerons cette journée par une promenade sur les canaux - en plein jour - malgré l’heure tardive. Nous admirons les façades bleues, vertes, roses, jaunes des différent palais ou édifices, les ponts surmontés de sculptures (il y en a 300), les grilles ouvragées des palais, … tout ceci d’une élégance et d’un raffinement qui nous émerveillent. Au retour à notre bateau - il est presque minuit - nous voyons les différents ponts sur Néva se lever pour laisser passer un défilé de très grands bateaux de croisière ou de commerce. Dernier spectacle de cette Russie que nous avons appris à connaître - un peu ! - tout au long de cette croisière et dont nous garderons un souvenir merveilleux.
Avant de terminer, il faut rappeler qu’outre les merveilles que nous avons vues, nous avons eu la chance d’avoir à bord une conférencière de grande classe - Christine Zeytounian - qui durant six conférences nous a dressé un panorama de toute l’histoire (parfois très violente : 17 assassinats de tsars !) de ce grand pays ainsi qu’une rétrospective de la littérature russe (mal connue des Français !), ainsi qu’une présentation de l’église orthodoxe hier et aujourd’hui.
Il faut aussi mentionner les cours de russe, de chant et de danse qui ont permis de donner en fin de séjour une représentation où nos ingénieurs ont fait preuve de talents artistiques indéniables et ont montré que l’esprit ENSEEIHT était bien vivant !!!
Maïté et Michel CHEVALIER( promotion 1959)